Lorsque tout s’effondre

De toute mon existence, la nuit obscure de l’âme aura été l’expérience la plus pénible et douloureuse qui m’est été donnée de traverser. Cet ultime passage vers l’adombrement des cellules par le Soi est une épreuve initiatique des plus intenses ouvrant vers le basculement intérieur. Cette épreuve remet en cause tout le fondement de ma Vie, celle d’une réalité dans laquelle j’ai été prisonnière.

Ce passage amorcé depuis plusieurs mois correspond à l’effondrement structurel de l’égo/mental. Au commencement , je pensais franchir, comme depuis plusieurs années, un passage de petites morts, mais cette traversée aura été celle de l’ultime basculement d’une force sans nom.

Semaine après semaine, j’avais été préparée. Démarrant par des défaillances corporelles, avec des tensions  et un épuisement,  le corps malade n’arrivait plus à trouver son s’équilibre. L’arrêt de mes activités et un retrait de la vie extérieure s’imposera. Le basculement vers l’intérieur demandait un arrimage profond et une disponibilité énergétique indispensable. Mon monde extérieur ne pouvait plus répondre dans cette phase d’interiorité. J’avais neutralisé tout mon ancien monde. La force me lâchait et jour après jour, je déversais des milliers de larmes tant les douleurs étaient au paraoxisme, prenant conscience du rejet, de l’abandon et toutes ces blessures que je m’infligeais créant ainsi ma réalite.
Après chaque vague d’accalmie, croyant être arrivée au bout du processus, dans la projection d’un meilleur jour et d’un meilleur futur, je voyais les leurres de mon mental qui gesticulait constamment encore empreint à des programmes trop présents.

Que de mensonges me suis-je raconter me berçant d’illusion depuis  trop longtemps!
Que de masque je portais pour fuir ma douloureuse réalité.

Si durant les dernières années, tout mon travail d’accompagnement s’était  centré sur cette base de démantèlement structurel. Structurellement j’avais eu toutes les informations en amont  durant mes enseignements. Mais j’étais loin de me douter que je devais le vivre pleinement dans mon corps passant par une validation de l’expérience. Toucher la cuirasse fondamentale de naissance tel que l’appel Marie lise Labonté ou le feuillet de l’Ego/mental me menait à déposer les armes d’une Vie qui s’essouflait.

Lorsque le moment arrive et qu’on est prêt, la porte s’ouvre nous conduisant vers l’ombre la plus dense engrammée dans notre matière. La force qui émerge de cette profondeur pousse à expulser toutes les racines de notre construction de croyances, de mensonge, de leurres, d’artifices et d’illusions. Jamais telle terreur et frayeur ne m’ont été donnée d’ expérimenter. Le point de non retour enclenché il n’y avait qu’à se laisser mourrir dans ce passage. Il n’y avait plus rien à faire, ni à chercher, ni à contrôler… Le Soi descend dans le corps cherchant à prendre sa place. Il pousse sur son passage tout ce qui empêche l’Union intégrale intérieure ouvrant  le coeur, l’accès à l’amour de SOI et à notre vraie nature.

Les hurlements, les sanglots, la respiration rien ne pouvaient calmer ces durs moments que l’accueil et l’acceptation de ce qui se vivait dans l’instant. Touchant le désespoir, le désarroi, la perte de repère, tout y était passé…

Ou allais-je? que m’arrivait-il? Que dois-je faire? Les questions résonnaient en permanence dans ma tête alourdissant chaque instant. J’avais envie de mourir. Je voulais partir. Comment faire?
Tant que je voyais la souffrance, le mal, la douleur ou encore l’ombre comme mon ennemi, je stimulais le combat intérieur. Lacher la prise du contrôle, j’essayais tous les jours mais dans une volonté trop présente, je compris toute la subtilité d’un abandon à Moi-même.

J’ai réalisé dans ce passage que je ne savais rien, que je n’étais rien, que tout était conceptualisé, que tout est perception, que c’était moi la peur et l’angoisse, que c’était moi le créateur de tout ce vécu,  que notre personnalité n’ était une construction de multiple feuillets qui racontaient juste une histoire. J’étais le tout jouant un jeu utilisant les codes de la dualité pour se découvrir étant que créateur, divin,  présence, amour, lumière…

Durant ces phases que de visions. L’une d’elle me montra un mental en forme de toile d’araignée qui prenait le contrôle de ma vie et un égo enfermant le corps dans le monde du pouvoir. C’était la triste réalité  dans lequel j’étais confinée qui est celle du monde actuel dans lequel nous vivons. J’étais horrifiée, apeurée, terrorisée… Mais je savais que je devais passer par là pour sortir de la Survie dans lequel mon humanité était emprise.

Ce processus s’est déroulé en 3 phases. La première phase est celle de la défaillance du corps sur plusieurs semaines. Le corps est fragilisé, luttant pour trouver son équilibre : Malaise vagal, grippe, gastro, tension, insomnie.. tout y est passé en même temps enclenchant l’ouverture du corps émotionnel et un déferlement de pleurs incessantes ouvrant la 2ème phase « L’émotionnel »  qui se videra durant plusieurs mois. La 3eme phase est la plus complexe et la plus difficile de toutes, elle a duré quatre semaines, c’est celle de la libération de la psyché. La peur,  l’angoisse et l’insécurité étaient au paroxysme à la limite de la folie, entrainant  la mort structurelle de la personnalité. Le corps émotionnel est absorbé par le coeur et le mental fusionne avec la conscience donnant accès au corps magnétique de la terre et au flux d’amour qui se déverse dans les cellules. L’aimant de la terre s’enclencha alors.

Cette traversée a pour but de devenir maître de soi, passant par la connaissance de soi et l’actualisation de ses potentialités dans l’autonomie, l’indépendance et la liberté.  Il nous met face à nous-même et personne ne peut nous sauver, nous n’avons plus le choix que de trouver nos propres ressources pour s’extraire de ce champ d’une expérience arrivée au bout. Nous sommes seuls face à notre mort et nous seul avons la clé du divin en Nous.

Si cette traversée a été pénible, elle aura été salvatrice, dévoilant mon humanité, ma fragilité et ma vulnérabilité.

 

« Qui cherche la Lumière est d’abord confronté aux Ténèbres, car c’est dans cette confrontation qu’il affine ses moyens, actualise ses potentialités et assoit son empire sur lui-même. Plus on manque de pureté et de détachement, plus on souffre dans cette expérience. Qui cherche à s’abstraire de la Forme se voit d’abord refoulé, au Portail initiatique, se retrouvant, déconcerté, dans l’inconnu, dans un calme plat et silencieux qui lui paraît comme vide et sans signification, ce qui éveille ses vieilles peurs et son angoisse. Il croit d’emblée s’être trompé de porte, car il se retrouve dans l’Ombre la plus totale. »par  Bertrand Duhaime. 

Gratitude  à toutes les personnes  qui ont été de loin ou de prêt présentes dans ma Vie, celles qui ont participées à mes ateliers et que j’ai accompagnées. Vous avez  été des révélatrices de mon histoire. Vous m’avez aidé à me regarder au travers de vous.

Samia Aïssaoui

12 réflexions sur “ Lorsque tout s’effondre ”

  • 13 mai 2017 à 12:21
    Permalink

    BONJOUR SAMIA
    Les traversées sont nombreuses et comme les tempêtes et les accalmies,elles sont comme les saisons ou comme les jours et les nuits ou comme les phases différentes des lunes et tout est en perpétuelle mouvement, ce qui changent ce sont nos regards, nos penses, nos réactions. l’illusion de croire que nous sommes arrivées alors que nous ne sommes jamais parties, essayer de mettre des mots dans des situations presques inomables, avec la magie du coeur qui essaie de vouloir partager.
    Nous sommes humain, nous sommes poussière, nous sommes vie, nous sommes gouttes d’eau et essayons de faire de notre mieux, en tout cas vers plus de liberté pour ma part avec toujours l amour et la reconnaissance des amies alliées ailées sur mon chemin. Gratitude à toi Samia Tendresse.

    • 13 mai 2017 à 16:32
      Permalink

      Merci Gabrielle. Tout est juste dans nos vécus et créations.
      Gratitude à nos Etres pour vivre ces belles avancées selon ce que chacun a à expérimenter

  • 7 mai 2017 à 05:24
    Permalink

    Merci Samia pour ce partage qui résonne en moi.

    • 7 mai 2017 à 09:57
      Permalink

      Je suis ravie de partager ce vécu sachant que beaucoup passe des phases difficiles.
      L’expliquer avec des mots permet aux personnes de mieux les appréhender

      • 7 mai 2017 à 10:28
        Permalink

        Oui vraiment ! Ça m’aide à comprendre, a être dans l’accueil et plus dans la lutte de ces moments ou c’est difficile, épuisant et où j’avais tendance à lutter au lieu de surfer ces vagues qui ont des rythmes qui des fois me font peur. Samia, merci pour l’espoir que votre message insuffle !

        • 7 mai 2017 à 11:03
          Permalink

          Plonger dans sa propre souffrance au lieu de chercher à aller mieux. C’est ce que j’ai réalisé dans ce passage.
          Plus on y plonge plus on se rencontre.

        • 7 mai 2017 à 11:03
          Permalink

          Bon courage Nathalie

          • 7 mai 2017 à 12:06
            Permalink

            Oui c’est exactement ça, et ainsi se dépouiller des conditionnements réflexes ! Gratitude

  • 6 mai 2017 à 20:35
    Permalink

    Au combiens je te comprends
    Je le vie actuellement seule car ce monde de thérapeute de frique et non d échange me faire prendre un cheminement seul…assez difficile pour moi mais j y arrive….merci d avoir mis les mots sur les maux de notre parcours
    Nadège

    • 6 mai 2017 à 22:09
      Permalink

      Nous créons ce dont nous avons besoin d’expérimenter.
      Bon courage Nadège

  • 6 mai 2017 à 18:35
    Permalink

    Merci Samia pour tout ce que tu m’a apporté, je t’embrasse du fond du cœur et te souhaite la plus pure lumière.

    • 6 mai 2017 à 22:11
      Permalink

      Merci Françoise comme tu m’en as apporté aussi.
      Je suis heureuse de te lire.
      Pleine de douceur et de joie dans ta vie.

Les commentaires sont fermés